Marie-Sophie Boullier : « Le Fondant Baulois participe au rayonnement de la gastronomie française. »

Véritable institition à La Baule, le Fondant Baulois est aujourd’hui en train de conquérir d’autres territoires. Fondant à souhait, chocolaté et gourmand, agrémenté d’une pointe de fleur de sel de Guérande, ce gâteau, créé dans les années 1980, a été officiellement reconnu « spécialité régionale ». Entretien avec Marie-Sophie Boullier, gérante de l’entreprise avec son mari, qui nous parle de la création du Fondant Baulois et de son rôle d’ambassadeur de la région bauloise.

Quelle est l’origine du « Fondant Baulois » ?

Marie-Sophie Boullier : Ce gâteau a été créé dans les années 1980, à La Baule, par un pâtissier baulois. Il était vendu dans une épicerie fine avenue De Gaulle, la rue principale de La Baule, et il a très vite été apprécié pour ses qualités gustatives et sa texture extrêmement fondante. Il est devenu, pour des initiés, un produit dont on parlait dans les familles bauloises, devenant le gâteau du dimanche. Ensuite l’épicerie a fermé, les gens ont pris leur retraite et il a été distribué sous La Halle de La Baule. J’allais l’acheter directement à la source, jusqu’au jour où le fabriquant a décidé de prendre sa retraite. Dans les années 2000, avec mon mari, on a alors fait le grand saut : on voulait reprendre le fondant et en faire un produit régional, « la star » de La Baule, la spécialité de La Baule. Jusque dans les années 2000, sa vente est restée confidentielle mais j’ai toujours suivi son histoire et celle des personnes qui l’ont fabriqué. J’ai connu ce gâteau dans ces configurations confidentielles, étant moi-même de la région, et dès sa création j’en suis devenue très vite complètement dingue !

(c) Le Fondant Baulois

Comment avez-vous amené le Fondant Baulois à devenir un véritable produit régional?

MS B : En plus de ses qualités gustatives, sa texture fondante, son goût de caramel au beurre salé typique de notre région et le fait qu’il soit exceptionnel dans sa délicatesse, ce gâteau a une autre qualité : il se conserve à température ambiante, pendant plusieurs semaines (presque 4 semaines) alors qu’il n’y a aucun conservateur, additif ou élément annexe. Nous n’utilisons que des ingrédients nobles : du beurre frais, des œufs frais, de la farine, du sucre de canne et un très bon chocolat. Cette durée de conservation nous a permis de créer un réseau de distributeurs pour ce gâteau, à la fois dans la région où il est revendu sur place – les pâtissiers, traiteurs de la région – et puis dans les grandes villes. Cela nous permettait de compenser la saisonnalité d’une activité. A l’époque où l’on a racheté la recette du Fondant, la petite fabrique tournait deux mois par an mais ne produisait pratiquement rien le restant de l’année. Avec mon mari, nous avions beaucoup pensé la saisonnalité des mois de juillet et août. On a été dans les grandes villes – Nantes, Rennes, Le Mans, Angers, Paris… – et on a implanté le Fondant Baulois dans les épiceries fines renommées. Cela s’est fait petit à petit. Les commerçants à qui l’on a acheté la recette produisaient entre 800 et 1000 kg de gâteau par an. Nous, aujourd’hui, on en produit 30 000 kilos. C’était à l’origine confidentiel et artisanal. C’est resté artisanal mais ce n’est plus confidentiel puisqu’on a réussi à en faire aujourd’hui une spécialité reconnue.

(c) Le Fondant Baulois

Cette reconnaissance du Fondant Baulois, ne fait-elle pas perdre au gâteau de sa régionalité ?

M-S B : Non, pas du tout. Le produit est fabriqué à La Baule, il ne sera pas fabriqué ailleurs qu’à La Baule, au même titre que la Tarte Tropézienne ou le Gâteau Basque de chez Pariès. Le Gâteau Basque par exemple, l’équivalent Basque du Fondant Baulois à La Baule, est revendu aussi dans d’autres points de vente variés, mais reste une fabrication bien locale. Au contraire, je pense que dans ces gâteaux régionaux, il y a des fabrications bien locales. En plus, les gens sont très demandeurs de produits du terroir, de produits d’origine. Ce n’est pas parce que l’on fait découvrir un produit qu’il perd de son authenticité, au contraire. Cela permet aux gens de partout de découvrir notre produit. C’est aussi une manière de valoriser notre région, de valoriser la ville dans laquelle on vit, et de contribuer à l’image de notre région, de notre terroir. Je pense que c’est quelque chose de positif.

(c) Le Fondant Baulois

Les ingrédients que vous utilisez sont-ils tous originaires de la région ?

M-S B : Non, bien sûr, puisque le cacao pousse sur l’équateur. On le saurait si on avait un climat équatorial à La Baule ! (rires) En revanche, les œufs, le beurre et la pointe de fleur de sel sont symboliques du terroir de la région et la fabrication est artisanale. Nos gâteaux sont fabriqués dans des moules qui sont beurrés individuellement et démoulés à la main. C’est comme si vous le faisiez à la maison, sauf que c’est en plus grandes quantités.

(c) Le Fondant Baulois

Pensez-vous qu’il est important de faire vivre le patrimoine culinaire local ?

M-S B : Vous parlez à une inconditionnelle de la gastronomie française ! J’en suis absolument convaincue. Il y en a d’autres qui ont tracé ce chemin avant moi, comme les grands cuisiniers français qui sont allés s’exporter dans le monde. Nous avons déjà eu des opportunités d’exporter le Fondant Baulois, entre autres au Japon où on le fait rayonner. Je pense que c’est un patrimoine français, la gastronomie. Chaque produit et chaque personnalité font la renommée de notre gastronomie et sont extrêmement importants. Mon mari et moi-même n’avons pas la prétention de devenir des stars, comme certains grands chefs. Pour nous, le produit est la star.

Visuels : © Le Fondant Baulois

Le Fondant Baulois
131 avenue du Général de Gaulle
02 40 61 66 73

Côté Plage : La Baule

Cet été, les Rendez-vous des Arts Culinaires font le tour de France des plus belles plages ! De Deauville à l’île de Ré, du Cap Ferret à Saint-Tropez, nous irons chaque semaine à la découverte d’une ville côtière française ! Chaque étape sera l’occasion d’explorer la région, rencontrer les artisans et les grands chefs, déguster les spécialités culinaires et retenir les plus belles adresses…Cette semaine, cap sur La Baule !

(c) La Baule

La Baule, avant de devenir la station balnéaire prisée qu’elle est aujourd’hui, était à l’origine un lieu-dit quasiment désert, au milieu de dunes plantées de pins. Escoublac était d’ailleurs le village où s’étaient établis les premiers habitants, sur le sillon de Guérande, autour d’un prieuré de l’abbaye de Marmoutier.

En 1779, la faute aux sables pulvérulents ramenés en tourbillons par les fréquentes tempêtes de la fin du XVIIIe siècle, les habitants d’Escoublac décident de changer de site, abandonnant le littoral pour s’établir à un kilomètre de l’ancien village, désormais recouvert de sable.

Sous la Restauration, la menace persistante du sable qui progresse inexorablement vers l’intérieur amène les Pouvoirs Publics à encourager la plantation des dunes. Ce travail titanesque était destiné à fixer à l’aide de résineux 700 hectares de dunes constituant la flèche littorale reliant les anciennes îles du Croisic, Batz et Le Pouliguen, au plateau guérandais.

En 1879, les plantations de pins sont terminées, le premier train de chemin de fer de Saint Nazaire – Le Croizic s’arrête à La Baule et des entrepreneurs voient un intérêt à développer le tourisme dans la commune : les prémices d’une station balnéaire à « La Bôle » voient le jour.

Deux parisiens, Monsieur Hennecart et Monsieur Darlu, qui représentent la société chargée de la construction de la voie de chemin de fer voient le potentiel exceptionnel que représente le site de la gare d’Escoublac, au cœur d’une forêt de 700 hectares de pins maritimes, directement riveraine d’une baie de 8 kms de long, à la courbe harmonieuse. Ils achètent alors une quarantaine d’hectares de dunes de La Bôle et font appel à des entrepreneurs et commerçants guérandais pour créer une station balnéaire. Des rues sont tracées à partir d’un axe reliant la gare à la mer, qui est l’actuelle avenue de Gaulle, une promenade en bordure de mer est aménagée, une estacade implantée. Deux hôtels, une chapelle, un jardin public, des villas destinées à la location sont construites ensuite afin d’inciter à la vente des terrains. Des commerçants s’implantent, les constructions se multiplient. En 1896, La Bôle est une station balnéaire à part entière et s’orthographie désormais La Baule.

(c) DR

(c) DR

Les promoteurs décident d’attirer des familles aisées et de les inciter à investir en implantant un centre de traitement des «enfants tuberculeux de familles riches ». En même temps, un réseau d’avenues est établi et les nouveautés fleurissent dans le lotissement : conception d’un Institut Marin, implantation d’un service postal et télégraphique – le premier de la station -, d’une usine électrique en 1900 et d’un tramway à pétrole reliant les Stations de la baie. Le pari d’attirer les familles bourgeoises et de faire de Pavie un quartier mondain est réussi : les villas prolifèrent sur la côte, l’Institut Marin devient un Palace en 1902, un casino avoisinant est construit en 1904, un établissement hôtelier de luxe en 1908.

La première guerre mondiale arrête toute activité touristique pendant cinq ans. Cependant, étant un centre important de débarquement, de garnison et de repos, les Alliés apprennent à découvrir et aimer la station balnéaire. Les années suivant la guerre, La Baule voit un afflux important de touristes anglo-saxons qui y séjournent en période estivale. Répondant à la demande, des hôtels de La Baule mettent leurs noms à l’heure « l’anglaise » : Cécil, Morgane, Select… Cet afflux étranger est renforcé par le désir des Français de se détendre après des années d’épreuve et le phénomène touristique s’amplifie.

(c) La Baule

Trois hommes, Messieurs André, Lajarrige et Pavie, dirigent La Baule vers un nouvel essor touristique en modifiant considérablement les structures et l’esthétique de la ville : création de lotissements à caractère mondain, développement d’un commerce de luxe, construction de deux nouveaux palaces, implantation d’équipements sportifs de qualité (Tennis de l’Interclub, Ecole d’Equitation, Tir aux Pigeons, Golf 18 trous du Pouliguen…). La Baule-Les-Pins revêt désormais la dimension d’une Station Internationale. Cette nouvelle station s’organise autour d’une place centrale, en étoile, la Place des Palmiers et d’une artère la reliant à la gare et à la mer, l’avenue des Tilleuls, l’avenue commerçante. Les principaux pôles d’animation sont en outre : le Hall des Informations, le marché, le Parc des Dryades, les Tennis et les deux centres culturels. Le nouveau quartier de La Baule est réuni aux autres par un boulevard de mer, le fameux remblai qui constitue le symbole de l’unité bauloise.

La crise de 1929 puis la seconde guerre mondiale suspendent les investissements et font complètement disparaître le tourisme international. C’est seulement à partir de 1952 que La Baule retrouve un nouveau souffle, grâce à l’élévation du niveau de vie, le développement de l’automobile et des congés payés. Les grandes villas du remblai sont progressivement remplacées par de grands immeubles qui donnent la possibilité au plus grand nombre de bénéficier de la vue sur la mer. C’est aussi l’époque du tourisme de masse ; campings, maisons familiales, résidences secondaires et colonies de vacances font leur apparition afin d’accroître la capacité d’accueil de la station.

Aujourd’hui, La Baule est une destination prisée pour sa douceur de vivre, sa plage longue de 9 km – qui fait d’ailleurs partie depuis 2011 du Club des plus belles baies du Monde au même titre que la baie du Mont-Saint-Michel, la Baie de Somme, le Golfe du Morbihan ou la baie de San Francisco-, son patrimoine architectural et sa pinède. Le charme de La Baule vient également de la diversité du territoire de la Presqu’île de Guérande : 2 000 hectares de marais salants et leurs 2 000 ans d’histoire, le magnifique Parc Naturel Régional de Brière et près de 90 km de côte sauvage.

(c) La Baule

La Baule a un autre atout que son bord de mer : sa gastronomie. En effet, la station balnéaire atlantique est réputée pour être à l’origine de deux spécialités bien de chez elle : les Niniches et le Fondant Baulois.

Les niniches, tout d’abord, sont des petites sucettes rondes aux parfums différents alliant des caramels les plus variés aux multiples saveurs naturelles de fruits. Banane, fraise, citron, chocolat, les saveurs en feront fondre plus d’un !

(c) Ma-petite-epicerie.fr

Autre spécialité locale recherchée, le Fondant Baulois (Voir notre interview de Marie-Sophie Boullier, à la tête de l’entreprise). Le Fondant Baulois est encore aujourd’hui le fruit d’une recette traditionnelle créée à La Baule il y a plus de 30 ans. Seuls des ingrédients nobles et parfaitement naturels entrent dans sa composition : du cacao, des œufs frais, du beurre à la fleur de sel de Guérande, de la farine de froment et du sucre de canne. Un digne représentant du patrimoine culinaire baulois, absolument irrésistible !

(c) Le Fondant Baulois

Gastronomie, bien-être et qualité de vie font de La Baule une destination privilégiée de tous quand sonne l’heure des vacances ….

Source : © La ville de La Baule
Visuels : © La ville de La Baule

Frédéric Compagnon : « Chez Via Maris, la passion de la mer se décline. »

Via Maris, c’est une histoire de passionnés: passionnés de la mer, passionnés du beau produit, passionnés par la transmission de belles histoires. Chaque magasin Via Maris est une invitation au voyage, un parcours balisé de découvertes où la mer et ses rivages en sont le fil rouge. Entretien avec Frédéric Compagnon, à l’origine de la création de Via Maris.

Qu’est-ce que Via Maris ?

Frédéric Compagnon : Via Maris a été créée par des gens passionnés de la mer en 1999. L’aventure est partie de Quiberon, au tout départ, avec des gens qui étaient plutôt orientés vers la conserverie, avec La Belle Iloise. Ces gens proches et passionnés de la mer étaient à l’origine plutôt axés sur l’alimentation fine et la conserverie. Ils se sont dit qu’ils pouvaient étendre leur champ d’investigation au-delà de l’alimentation fine et développer un concept et une thématique complètement tournée vers la mer en gardant bien entendu toutes les valeurs liées à la mer et typiquement marines : la qualité, l’authenticité, l’universalité, le partage.

(c) Via Maris

Aujourd’hui, quelle est la démarche de Via Maris ?

FC : Aujourd’hui, nous sommes encore dans la même démarche qu’à l’origine. Notre thématique c’est la mer, le bord de mer, sous tous ses axes. On a surtout un positionnement : partager une passion avec nos clients. Une passion qui se décline sous toutes ses formes et vocations, une passion pour la découverte des nouveaux produits et nouvelles cultures. Nous sommes constamment à la recherche de nouveautés produits à faire découvrir à nos clients, toujours dans l’univers marin. Nous avons donc trois axes : une passion pour la mer, une passion pour la découverte de nouveaux produits, une passion pour les produits de qualité, ceux qui sont beaux et ceux qui sont porteurs de sens. Notre ligne de démarcation, c’est la qualité, les belles choses, tout ce qui fait sens. Finalement, nous avons une passion pour le métier. On veut partager tous les trésors que l’on découvre et toutes ces petites nouveautés avec nos clients et publics.

(c) Via Maris

Sur votre site, ViaMaris.fr, vous expliquez qu’à travers vos produits et magasins, vous racontez des histoires de la mer et du rivage. Parlez-nous de cette invitation au voyage?

FC : Cela peut être un voyage émotionnel local. Effectivement, on peut aussi bien sélectionner des produits très locaux que des produits qui viennent du bout du monde. Prenons deux exemples. On va d’un côté sélectionner des produits de la Belle Iloise, de la Pointe de Penmarc’h, de la Maison d’Armorine, des biscuits bellilois de Belle-Ile, vraiment du local. En qualité nous sommes intransigeants et estimons que ce sont les meilleurs. De l’autre, quand on va être sur la partie sel et épices, bien entendu, on va à la fois faire du local, des choses à base de fleur de sel de l’île de Ré pour notre magasin de La Rochelle, des choses issues de Guérande pour le magasin de Nantes, et on va aller chercher des sels et épices un peu plus exotiques, solliciter d’autres partenaires, Quai Sud, ou Saveurs et Sens, qui eux, ont ce savoir-faire de dénicheur de nouveaux produits et de mélanges.

(c) Via Maris

Comment découvrez-vous et choisissez-vous vos produits ?

FC : On a en fait deux axes. On a un travail de « sélectionneur » des meilleurs produits et on a un travail de « développeur » quand il y a des produits que l’on aimerait avoir mais que l’on ne trouve pas. C’est dans ce deuxième axe que nous développons des produits de notre marque enseigne, y compris en alimentation fine. On a fait développer, par une conserverie bretonne, des rillettes de sardines au beurre marin, des rillettes de Saint-Jacques de Bretagne au poivre de Sichuan, des rillettes de maquereau au citron vert… On pousse aussi nos partenaires à aller développer des choses uniquement pour nous. Par exemple, dans notre magasin La Rochelle, les clients avaient envie de voir les produits du coin. Nous avons alors décidé de proposer des caramels au beurre frais du Poitou-Charentes, à la fleur de sel de l’île de Ré. La ligne de démarcation, que ce soit dans le choix des meilleurs produits ou le développement de notre marque-enseigne, c’est vraiment la sélection qualité.

(c) Via Maris

Pensez-vous qu’il est important de mettre en valeur le patrimoine culinaire de chaque région?

FC : Complètement. Je vais vous donner un exemple. Nous avons un partenariat avec le chef Grégory Coutanceau à La Rochelle. On va promouvoir ce chef et ses activités. Il fait des coffrets, propose des cours de cuisine, et tout ça autour de la thématique marine et l’utilisation de produits locaux. Nous ne sommes pas juste des commerçants, nous voulons donner du sens à ce que nous faisons. La passion doit se décliner. Ça peut être une passion pour les produits, mais aussi une passion pour les services.

(c) Via Maris

La passion est-elle donc la ligne directrice de Via Maris ?

FC : Il y a une thématique : la mer. Un positionnement produit : la qualité, la découverte. Une valeur et une personnalité de la marque : partager notre passion avec la clientèle. Nous essayons de faire un vrai travail de transmission au client.

Visuels : © Via Maris

19 Place Hoche
56170 Quiberon
02 97 29 50 05

Passage Pommeraye
44000 NANTES
02 40 08 08 28

8 Bis Rue Chaudrier
17000 LA ROCHELLE
05 46 30 55 66

21 Quai des Voiliers
Port Crouesty
56640 ARZON
02 97 49 45 31

30 rue Levavasseur
35800 DINARD
02 99 16 41 63

Côté Plage : Dinard

Cet été, les Rendez-vous des Arts Culinaires font le tour de France des plus belles plages ! De Deauville à l’île de Ré, du Cap Ferret à Saint-Tropez, nous allons chaque semaine à la découverte d’une ville côtière française ! Chaque étape est l’occasion d’explorer la région, rencontrer les artisans et les grands chefs, déguster les spécialités culinaires et retenir les plus belles adresses… Cette semaine, c’est à Dinard que se posent les valises…

(c) Albane Schrimpf

Les premières traces de civilisation dans la région de Dinard ont été découvertes environ 120 000 avant J.-C. Outils et habitations témoignent alors d’une présence de sociétés commerçantes et métallurgiques. A partir de 52 avant J-C, la région est romanisée mais jouit d’un statut spécial avec une relative autonomie et vit grâce aux échanges commerciaux.

Au VIIIe siècle, l’hégémonie franque s’exerce sur toute l’Armorique. La région est saccagée, les églises et abbayes pillées et incendiées. En 709, survient un tremblement de terre puis un raz-de-marée, qui modifie entièrement la topographie de la région. Dinard, avant au milieu des terres, se retrouve désormais sur la côte.

Le IXe siècle est marqué par les incursions Vikings. La région est divisée selon les principes féodaux et le siège du fief de la Vicomté du Poudouvre, fondé au milieu du XIe siècle, s’installe à Dinard. Un château fort est alors construit. Pendant toute la seconde moitié du XIe siècle, la Vicomté prospère sous la suzeraineté des ducs de Bretagne de la Maison de Rennes puis de Cornouaille. Elle profite de l’essor maritime et du développement du port d’Alet qui fournit des emplois de marins. Au milieu du XIIe siècle, le roi d’Angleterre envahit la région et exerce des représailles contre les insurgés qui s’étaient rebellés contre le gouvernement d’Henri II Plantagenêt.

Le village de Saint-Enogat, aujourd’hui quartier de la ville, rejoint le royaume de France par l’acte d’union de la Bretagne à la France en 1532. Les activités principales des habitants restent l’agriculture du lin, du chanvre et du sarrasin, et la pêche côtière. La Bretagne possède alors la première flotte d’Europe et Saint-Malo est le premier port commercial de France. La pêche hauturière (navigation en haute mer) commence à se développer : la morue, par exemple, est pêchée au large de l’Islande et de Terre Neuve. C’est également au cours du XVIème siècle que la petite noblesse vient construire quelques manoirs sur le littoral.

(c) Albane Schrimpf

Les conflits entre la Bretagne et l’Angleterre rythment le XVIIIème siècle. Dinard n’est alors qu’un petit village de pêcheurs, rattaché à la commune de Saint-Enogat, mais sa cale est un point de passage obligé vers Saint-Malo. Dès l’automne 1789, cette région, terre de foi profonde, s’oppose vigoureusement au nouveau régime et notamment à la constitution civile du clergé : c’est l’époque de la « chouannerie bretonne », guerre civile qui oppose républicains et royalistes dans l’ouest de la France.

A la fin de la Seconde République, Dinard est encore un village à la périphérie de Saint-Enogat. Cependant, ses attraits climatiques et ses paysages côtiers variés favorisent l’émergence du tourisme. La plage, espace naturel peu fréquenté par les populations locales, connaît au milieu du XIXe siècle, une mutation profonde de ses activités. En effet, c’est à cette époque que se développent les premiers bains de mer, suscitant un attrait certain des visiteurs pour la Bretagne. En 1859, le littoral devient espace de divertissement et de loisirs avec le premier établissement de bains à Dinard, celui créé par le maître nageur malouin Edouard Gros. A cette époque-là, des « guides baigneurs » classent et divisent les plages en zones : baignades pour hommes ou femmes, zones de jeux, loisirs mondains …

(c) Albane Schrimpf

A la fin du XIXème siècle, la ville de Dinard cède aux développements urbains des littoraux français. La station balnéaire devient un espace construit et hiérarchisé, les chemins étroits disparaissent au profit de voies publiques alignées, et des constructions de modèle Haussmannien apparaissent, attirant la haute bourgeoisie parisienne : villas, Grand Hôtel, casinos, établissement de bains, équipements touristiques, habitations, champs de courses, commerces, gare, tennis…

En 1873, le Comte Rochaïd Dahdah, riche libanais, décide de mettre sa fortune au service de l’aménagement de Dinard. Il organise la voirie et fait ouvrir un ensemble de rues qui forment aujourd’hui le quartier commerçant de Dinard. Il construit des villas, améliore le service de bateau entre Dinard et Saint-Malo, installe une halle dans le quartier de la Vallée et est à l’origine de la première gare de Dinard. Dinard devient le rendez-vous incontournable de la haute société nationale et internationale et est alors considérée comme « La Première Station Balnéaire de France ».

(c) DR

Autre personnalité importante dans le rayonnement de la ville de Dinard, l’éditeur Albert Lacroix. Il veut favoriser le groupement des artistes, écrivains et intellectuels de l’époque, et décide de construire un lotissement sur les falaises qui surplombent la plage de Saint-Enogat, «Villas de la mer» propices à la créativité et la méditation. Jules Michelet, Ernest Renan, Claude Debussy, Jules Verne, Lawrence d’Arabie, Winston Churchill, Félix Faure, Judith Gautier, Isoroku Yamamoto et plus tard Tsuguharu Foujita et Pablo Picasso s’y plaisent .

Grâce à l’essor de la ville et des équipements touristiques, Dinard devient une destination de vacances incontournable et la première véritable station balnéaire de France. Ses charmes sont vantés sur les affiches, dans la presse, dans les guides touristiques, dans les salons mondains : « Dinard la Belle, la douce, la reine des plages, la Monaco des étrangers, la perle de la côte d’Émeraude, la Nice du Nord, la plage la plus aristocratique de France… ».

(c) DR

Grâce à l’afflux de nombreux touristes aisés, Dinard, à la fin du XIXème siècle, est l’une des villes les plus modernes de France et les mieux équipées : eau courante dès 1888, ouverture d’un hôpital en 1891, premières lignes téléphoniques en 1898, électricité en 1902.

Pendant la première Guerre Mondiale, les hôtels de Dinard remplissent la fonction d’hôpital complémentaire des armées. Le faste d’avant-guerre reprend à la fin du conflit. Le site, préservé des bombardements, retrouve sa splendeur et attire de plus en plus d’estivants qui viennent pour la belle saison. Digues, promenades et piscines ouvertes sur la plage sont construites dans les années 1920. La crise de 1929 marque un coup d’arrêt aux années d’euphorie. La Seconde Guerre Mondiale et les années d’austérité qui s’ensuivent confirment le déclin de la station balnéaire malgré l’instauration des congés payés du Front Populaire et la démocratisation des loisirs.

C’est seulement dans les années 1960 que Dinard relance véritablement ses activités touristiques. La ville s’affirme par ses caractéristiques urbaines et ses infrastructures afin de palier aux difficultés d’une économie saisonnière.

(c) Albane Schrimpf

De son apogée, Dinard conserve aujourd’hui un patrimoine balnéaire exceptionnel constitué de plages magnifiques, de promenades côtières, de jardins, d’édifices parfois fantaisistes et souvent majestueux qui jalonnent le littoral. Labellisée Ville d’Art et d’Histoire, Dinard privilégie le tourisme et s’appuie sur son histoire et son patrimoine pour renforcer son attractivité.

En termes de gastronomie, la Bretagne peut être fière d’un véritable terroir et d’un patrimoine culinaire régional. Le Breton a le sens de l’hospitalité. Autrefois, il était considéré comme un signe de goujaterie de ne pas offrir du pain et du beurre – salé, évidemment – à ses invités.

(c) DR

La Bretagne est une région légumière par excellence, ses légumes sont donc d’un goût incomparable : artichauts, choux-fleurs, pommes de terre de l’île de Batz, oignons de Roscoff, coco de Paimpol ou châtaigne de Redon. Les pommes des vergers et les succulentes fraises de Plougastel viennent compléter le tableau de produits frais. Le miel breton est également très apprécié, utilisé dans la fabrication de gelée ou de chouchen.

Viande de base en Bretagne (autrefois dans les campagnes un cochon était tué une fois par mois), le porc sert à la fabrication de différentes spécialités comme l’andouille de Guéméné ou la saucisse aux algues. Du côté de Guérande, la fleur de sel et la salicorne sont cultivées par les paludiers dans les marais.

Dinard « la Belle » réserve bien des surprises et des découvertes, visuelles et gustatives, au visiteur qui sait s’y attarder …

Visuels : © Albane Schrimpf.
Source : Office de Tourisme de Dinard; Mairie de Dinard; Bretagne.com.