Maison et Objet, un salon bien « Vivant »

Charme à la française, luxe à l’italienne, épuré à la scandinave, opulence à l’orientale… Tous les styles, les tendances et les ambiances se retrouvent au Salon professionnel Maison & Objet. Reportage au cœur de la création « Made in Home ».

Rendez-vous incontournable des professionnels de la mode de la maison, de la décoration intérieure et de l’art de vivre, le salon Maison & Objet à Paris Nord Villepinte rassemble à chaque édition plus de 3100 exposants, fabricants de meubles, architectes, créateurs et artisans de 137 pays différents et attire près de 87 000 visiteurs. Lieu de présentation des dernières nouveautés et tendances, le salon Maison & Objet est également un lieu de création et d’innovation en matière de design et de décoration haut de gamme.

Le salon explore, dans ses collections printemps-été et automne-hiver, tous les secteurs de la maison dont le luxe, le design, l’architecture d’intérieur et les accessoires de maison, et présente les dernières tendances en matière d’ameublement, de décoration intérieure, d’arts plastiques, d’accessoires de mode et de maison, d’arts de la table, de linge de maison et de solutions d’aménagement.

A la recherche d’un mode de vie plus harmonieux, ancré dans le réel, en opposition avec notre monde de plus en plus dématérialisé et virtuel, le salon a cette année pour thème, le «Vivant». L’art de vivre aspire au mieux-vivre, la création se fait désormais « bio-inspirée », les matériaux sont organiques et épurés, la nature reprend le dessus dans l’univers de la maison qui devient à son tour un véritable organisme vivant et mouvant.

Nous débutons notre visite de cette édition 2013 du salon Maison & Objet avec le « Parcours d’Inspirations », trois expositions qui permettent aux visiteurs de (re)découvrir le thème du vivant et de la nature.

La première, « Nourritures Premières », est consacrée aux aliments primaires : pain, lait, miel, légumes et viande. Ces nourritures originelles deviennent alors l’inspiration des créateurs et prennent une forme autre entre leurs mains. Ainsi, le pain se métamorphose en assiettes et couverts, le sel devient abat-jour, le lait se fige en photographie.

Deuxième exposition, « Renaiscience », ode à la nature passée au microscope, sorte de laboratoire de l’étrange, entre métamorphose et renaissance. Tubes à essais transformés en photophores, trombones devenus chandeliers, chaises inspirées d’assemblages moléculaires, les installations éphémères de « Renaiscience » secouent la routine et donnent aux objets des formes et fonctions belles et bizarres, explorant les confins de la création.

« Pionnier » est la dernière exposition et reconsidère les modes de vie et les comportements à travers des objets plus durables. « Pionnier » incarne une énergie physique, où chacun ressent le besoin de se connecter au vivant, où les objets se recyclent et se réparent, où les frontières entre neuf et ancien se floutent, où la proximité se substitue à la grande échelle et où la simplicité de l’échange règne en maître.

C’est en emportant la réflexion sur le « Vivant » que nous nous enfonçons dans le dédale d’allées du Parc des Expositions de Paris Nord Villepinte, direction l’espace Ethnic Chic, tour du monde de l’artisanat. Travail des matières nobles, comme le bois, le cuir, les peaux et les fourrures, accessoires faits à la main, tables et chaises en fer recyclé de bidons, toute la « World Déco » est rassemblée en un espace. Le savoir-faire mondial s’expose fièrement, qu’il soit concrétisé par des portes décorées de Chine, des meubles importés d’Inde, des casques de Samouraï, des bijoux du Brésil faits en « Golden Grass », des tissages et accessoires Singapouriens d’Artisans, des vêtements du Népal ou par des mètres carrés de tapis turcs recyclés.

Ethnic Chic c’est également un voyage sensoriel et temporel. Sensoriel, car chacun des cinq sens est sollicité pour découvrir et véritablement apprécier chacune des pièces présentes au salon : le travail du cuivre et de diffusion de la lumière dans les créations d’Hollander, l’utilisation novatrice et urbaine des appliques en acier de Marie Baratte, les services à thé dessinés et faits à la main.

Temporel, car l’Ethnic Chic laisse une place de choix aux intérieurs d’inspiration coloniale, aux sacs à mains, accessoires et bijoux estampillés « L’Indochineur », à l’art de Via Pondichery, aux fleurs en tissu d’Adornment ou aux créations géantes de Aangenaam XXL.

Ce sont les textiles en tous genres qui prennent le relai sur l’Ethnic Chic. Les plus grandes maisons sont d’ailleurs réunies pour l’occasion et exposent avec passion leurs produits emblématiques : l’opulence animalière de Roberto Cavalli, les rayures signature de Sonia Rykiel, l’art du tissage de Kenzo, le savoir-faire de Quagliotti.

Ici se trouvent tous les représentants du « Bed, Bath and Fashion », des peignoirs en soie au linge de maison en coton égyptien, des serviettes colorées pour les enfants aux coussins décoratifs pour l’intérieur, du tweed classique anglais au luxe à l’italienne.

Direction ensuite les arts de la table où les Italiens Guzzi, Alessi et Bugatti côtoient les classiques de Laguiole, Revol ou Mauviel.

Les ateliers de découverte et de dégustation se succèdent : les arômes naturels, huiles, sirops et confitures de Crazy O prennent vie, la fourchette Handy© anti-roulis fait son show, les lunch-box Bento en convainquent plus d’un et le porte-couteau « Fakir » ne laisse aucun cuisinier insensible. Ici, la création s’exprime librement, les inventions en tous genres se perdent dans l’immensité du choix et tous les objets, qu’ils soient fonctionnels ou décoratifs, deviennent des objets d’art culinaire.

Après une courte pause et une baguette sur le pouce, c’est vers la décoration intérieure que nous mènent nos pas. Le savoir-faire de chaque artisan se traduit dans les luminaires, les accessoires, les meubles et les décorations de table.

Quelques rencontres se font insolites, comme les tables de jeux en cuir de crocodile ou les « Objets de Curiosité », instants de nature capturés et mis sous verre.

 

S’en suivent les accessoires de maison en tous genres, de la nouvelle ligne cosmétique de Durance à l’huile d’olive bio, aux décorations florales de la collection Samion, sans oublier les parfums d’intérieur des plus grandes maisons, telles que Christian Lacroix.

C’est sur un feu d’artifice de luxe et de beauté que se termine la visite de cette édition 2013 de Maison & Objet. Daniel Echter, Kenzo Maison, Ralph Lauren, Armani Home, le Thé Mariage Frères, Rina Menardi, le verre de Murano, le Crystal Baccarat et Haviland-Daum, entre autres, se servent, à perfection, de la décoration intérieure comme prétexte à la création et à l’innovation.

Même si à Maison & Objet chacun apporte sa touche d’innovation, de création et d’originalité, tous semblent avoir usé du fil rouge du salon pour explorer à leur tour cette idée du « Vivant ». La tendance cette année est véritablement une ode à la nature.

Les matières recyclées, les matières « vivantes », comme le bois, la laine et le cuir font un retour prononcé. La tendance est également à l’association du beau et de l’utile et à la revalorisation d’objets anciens, également présente dans la mode du vintage, ces objets devenant des phœnix de l’art de vivre, renaissant continuellement de leurs cendres.

Après l’apocalypse en 2012, serait-ce donc la (re)naissance de l’art de vivre en 2013 ?

Visuels : © RDV Communication

Les fleurs en fête !

Les fleurs sont à l’honneur en ce premier jour de l’année 2013 ! Sapin, houx, baies rouges, superpositions de matières et de couleurs… Les décorations des fêtes de fin d’année se renouvellent chaque année, puisqu’elles poussent les fleuristes créatifs à contourner la tradition. Vincent Rozenberg, artiste fleuriste pour René Veyrat, revient sur les tendances florales de cette période festive…

Sapins, houx et baies, tons chatoyants rouges et dorés, matières naturelles et cosy se retrouvent dans les décorations florales de ce début d’année 2013. «Cette période festive est très riche et vraiment favorable à la création,» nous explique Vincent Rozenberg, artiste-fleuriste pour René Veyrat Event.

En effet, loin d’appliquer les codes classiques des réveillons de Noël et du Premier de l’An, les fleuristes cherchent au contraire à contourner la tradition. «On conserve la forme du sapin traditionnel,» avance le fleuriste, «Le sapin origami, par exemple, est en pliage de bouleau. Cela conserve un côté «bois» assez naturel tout en étant dans une forme plus contemporaine. On contourne donc le sapin, on dévie du côté traditionnel.»

Plus qu’un passage obligé, ces décorations chaque année deviennent pour Vincent Rozenberg des «exercices de style sur le sapin, qui a une forme vraiment très intéressante. On l’imagine sous toutes les coutures, toutes les formes.»

Quelques éléments sont cependant incontournables pour retrouver cet esprit de Noël. «Plutôt des couleurs que des éléments,» explique le fleuriste, «Le sapin est toujours présent. On le travaille toujours beaucoup avec que les couleurs récurrentes – le rouge et l’or. On retrouve ces éléments chaque année, quoi qu’il arrive.»

De la tradition, oui, mais sans jamais oublier les tendances. La star de cette saison : la laine. «On a fait des étoiles en laine tissée et en laine vierge, des boules en laine vierge et en chanvre, pour jouer vraiment sur un côté très naturel.»

Même si certains aspects sont récurrents, les inspirations pour les diverses créations varient d’une année sur l’autre. «Il y des tendances chaque année qui se dégagent.» explique Vincent Rozenberg, «Un élément qui nous plaît peut devenir l’élément principal qui va finalement nous inspirer. Par exemple, on a fait un gros sapin origami parce qu’on en a trouvé des petits et on a voulu en faire un gros composé de plusieurs sapins. On trouve l’inspiration à partir d’un élément qui va être un fil conducteur pour le reste.»

Qu’en est-il du gui, symbole de prospérité et de longue vie au moment des fêtes de Noël et du jour de l’an, sous lequel il est d’usage de s’embrasser? «Ça nous arrive de travailler du gui,» avoue Vincent Rozenberg, mais cette tradition se perd un peu avec le temps. Il y a plusieurs années, quand j’ai démarré dans la profession, c’est quelque chose que l’on vendait beaucoup. On en vend maintenant nettement moins. Autant, pour Noël, on utilise beaucoup le houx, car il a une couleur très marquée, autant le gui un peu moins car il est plus neutre, plus vert et apporte moins au bouquet. Mais cela reste tout de même une tradition célébrée. »

Finalement, quelle est la fleur idéale à offrir en début d’année ? « Je trouve que l’une des fleurs typiques de Noël, à offrir en début d’année, serait l’Hellébore, couramment appelée la Rose de Noël, » conclut l’artiste-fleuriste, « La rose de Noël c’est une fleur blanche très délicate. Pour les fleuristes c’est un peu le foie gras de Noël ! C’est une fleur assez précieuse, retrouvée en plante sous différente formes. Certaines plantes qui n’ont pas les feuillages développés et sont plantées dans une coupe en verre avec de la neige ressemblent à des perce-neige. C’est très joli et très délicat. »

Sur ces notes créatives et fleuries, l’équipe des Rendez-vous des Arts Culinaires en profite pour vous souhaiter une très belle année 2013 ! Qu’elle soit prospère, gourmande et artistique !

Visuels: (c) Yada Photographies

L’art de recevoir : leçon 4, l’après-dîner

Le dîner touche à sa fin. Après avoir dressé la table dans les règles de l’art, élaboré le plan de table et donné une réception inoubliable, il reste une dernière étape non moins cruciale : l’après-dîner. Comment occuper ses invités? Que faut-il offrir aux invités après le repas? A quel moment partir ? Comment remercier les hôtes? Pour notre quatrième et dernière leçon dans l’art de recevoir, nous explorons les bienséances dans l’art de parfaitement clore une réception et les subtilités de l’après-dîner… …

Les assiettes à dessert sont vides, les ventres au contraire bien repus, la maîtresse de maison donne alors le signal de la fin du dîner en se levant, puis invite ses convives à se rendre au salon. Ce changement de pièce permet à certains de se dégourdir les jambes, à d’autres d’allumer une cigarette ou un cigare, ou pour les dames de discrètement se repoudrer le nez.

Une fois que les invités sont passés au salon, on proposera alors du café, des infusions – de plus en plus appréciées y compris par les hommes – et des digestifs. Pour faciliter cette tâche, l’on peut préparer à l’avance un plateau avec tasses à café, tasses à thé, verres à liqueur, à armagnac, à cognac… Si un invité a apporté quelques chocolats ou douceurs, c’est à ce moment qu’il faut les offrir.

L’usage est d’apporter des rafraîchissements une demi-heure à une heure après les boissons chaudes – qui doivent être interprétés par les gens bien élevés comme le signe du départ – mais certains convives auront déjà émis le souhait de partir, surtout en semaine si le dîner a commencé tard.

Cependant, il n’est pas rare d’être confronté à des invités que ni le départ des autres, ni les signes évidents de fin de soirée ne semblent convaincre de se retirer. Il peut alors arriver que les maîtres de maison usent de techniques, disons, alternatives pour se débarrasser des sans-gênes : s’éclipser et revenir au salon en robe de chambre, se mettre à ranger la cuisine, dire franchement que l’on aimerait bien se coucher, apporter les manteaux dans le salon…

Chacun trouvera la technique qui lui conviendra le mieux pour se débarrasser des grossiers personnages… et se rappellera de ne plus jamais les réinviter !

Finalement, que le dîner ait été excellent ou tout juste médiocre, il faut obligatoirement remercier la maîtresse de maison dans les jours qui suivent et rendre l’invitation rapidement. Aussi, il est coutume d’envoyer la fameuse « Lettre de Château » habitant ou non dans un château. Adressée à la maîtresse de maison dans les jours qui suivent l’invitation ou le séjour, la « Lettre de Château » a pour but de remercier de l’accueil, de vanter l’ambiance de la maison, la beauté de la région et les talents de cuisinière de l’hôtesse entre autres. Cette lettre se doit d’être sincère et flatteuse et insister sur des détails plaisants du séjour, quels que soient le nombre d’invitations. La « Lettre de Château », souvent considérée comme une corvée par la jeune génération, a tendance à se faire trop rare, et c’est fort dommage. Elle reste d’ailleurs un signe indispensable de bonne éducation !

Ainsi se termine notre série de leçons sur l’art de recevoir. Les dîners et réceptions n’ont désormais plus de secrets pour vous… A qui la prochaine invitation?

Visuels : © Jean Riz
Source : © Le Bottin Mondain

L’art de recevoir : Leçon 3, la réception

Dans la leçon du jour dans l’art de recevoir, nous passons à table. De la réception des invités à leur présentation, de la composition du menu à son service, du choix des vins à la tenue à adopter à table, nous explorons toutes les étapes d’un dîner réussi…

Que l’on soit invité ou celui qui invite, la première règle dans l’art de recevoir est d’être à l’heure. Les convives se doivent d’être ponctuels et l’hôte d’être prêt à l’heure convenue. Il existe un «quart d’heure de politesse», ajouté à l’heure de rendez-vous, mais si le retard dépasse une demi-heure, il faut prévenir. Attention à ne pas arriver un quart d’heure en avance, cela risque d’embarrasser la maîtresse de maison…

Invité à dîner, il semble naturel de s’y rendre les mains pleines. Et pourtant, il ne faut normalement rien apporter, surtout si c’est une première invitation. Trois éléments font exception à la règle : les fleurs, toujours appréciées, préférablement envoyées la veille ou le matin de la réception, accompagnées d’une carte, de façon à ce que la maîtresse de maison puisse les exposer; une bouteille de vin qui aura été convenue à l’avance avec la maîtresse de maison; le dessert, préférablement fait soi-même et spécifié à l’avance, sinon il peut signifier que l’on s’attend à ne pas en avoir. Aussi, apporter systématiquement un cadeau au dîner rend les hôtes redevables du même geste alors qu’il suffit normalement de rendre l’invitation dans les mois qui suivent.

Seule exception à cette règle: si l’on a une nouvelle à annoncer et que l’on dîne chez des bons amis, pourquoi ne pas apporter une bouteille de champagne ? Ou si l’on a su par hasard que c’était l’anniversaire du maître de maison, pourquoi ne pas lui apporter un petit cadeau ? Il faut cependant que ces attentions restent ponctuelles.

Les premiers invités sonnent à la porte, aussi le maître et la maîtresse de maison doivent être préparés afin que les invités ne soient jamais seuls au salon. Les invités sont accueillis avec un mot aimable, puis la maîtresse de maison va ranger les manteaux tandis que le maître de maison conduit les invités au salon et leur sert un verre.

Si les hôtes reçoivent un cadeau, ils l’ouvrent devant eux et les remercient avec discrétion pour ne pas gêner ceux qui sont arrivés les mains vides. Si ce sont des fleurs, il convient de les mettre immédiatement dans un vase et de les porter dans la salle de réception; si ce sont des chocolats ou confiseries, il faudra en proposer une fois le dîner terminé.

Il faut saluer le maître et la maîtresse de maison en premier avant de saluer une connaissance ou d’entamer une conversation. En ce qui concerne les présentations, les hôtes s’en chargent. En règle générale, on présente un homme à une femme, un jeune à un moins jeune et la personne au statut le moins important à celle qui a le statut le plus important. Ceci dit, le rang a le dessus sur le sexe et l’âge, et l’âge a le dessus sur le sexe.

Une fois les présentations faites, place à l’apéritif !

L’apéritif – du latin aper(i)tivus, dérivé d’aperire «ouvrir» – est destiné à ouvrir l’appétit avant le dîner. Certains prétendent qu’il est d’origine bourgeoise; d’autres qu’il remonte au Moyen Age où l’on aimait déguster avant le repas du vin aromatisé aux herbes et aux épices; d’autres encore soutiennent que les Romains déjà s’y adonnaient en buvant du vin sucré au miel… L’apéritif fait aujourd’hui partie intégrante de la vie sociale et familiale, et il semble impensable de recevoir à dîner sans proposer d’apéritifs.

Au fur et à mesure des arrivées, le maître de maison propose un apéritif parmi la gamme d’alcools qu’il aura eu soin de préparer à l’avance. Plus il y a de choix, plus on est sûr de pouvoir contenter ses invités. Voici quelques exemples d’apéritifs à toujours avoir dans son bar: du champagne, des alcools forts (type whisky, gin, vodka…), des vins doux ou cuits (type porto, pineau, martini…), du vin rouge, en général le premier qui sera servi à table, des cocktails préparés à l’avance (punch ou sangria), du pastis et divers jus, sodas et eaux pour ceux qui ne désirent pas d’alcool. Les types de verres correspondant aux boissons, les glaçons ainsi que les amuse-gueule sont prévus à l’avance. Un deuxième service peut être proposé dans le cas d’un retard de l’un des convives.

Après un apéritif fort agréable, la maîtresse de maison se lève et invite les invités à la suivre à la salle à manger. Si c’est un repas protocolaire, le maître d’hôtel annonce la fameuse phrase «Madame est servie». Dans les deux cas, les invités sont placés: soit indiqués par la maîtresse de maison directement, sinon placés selon les cartons au nom de chacun.

Pour ce qui est de la conversation au long du repas, c’est aux hôtes de la mener, de la raviver quand elle s’éteint, de la rattraper quand elle dérape et veiller à ce que chacun y participe. Trois sujets sont à proscrire en dehors d’un cercle familial ou intime: la religion, la politique et l’argent.

Jusqu’à 8 personnes, la conversation est générale; au-delà de ce nombre, les conversations sont divisées et portées sur les gens eux-mêmes. Et même si l’on ne s’entend pas avec son voisin ou sa voisine, il faut faire un effort ! Pour ceux qui aiment monopoliser la conversation, attention à laisser la parole aux autres ; pour les timides, ne pas discuter est tout aussi mal-élevé que trop discuter. A chacun de trouver le bon équilibre selon l’ambiance de la soirée.

Venons-en à un aspect délicat dans une réception: l’élaboration du menu. Traditionnellement, un menu comporte cinq plats: potage ou entrée, plat de résistance composé de viande ou de poisson et de légumes, salade, fromages et dessert. Il faut éviter de servir certains mets spéciaux, qui pourraient incommoder les convives comme les huîtres, les abats et les plats très épicés ou sucrés-salés, sauf si c’est le thème du dîner et qu’il y a des amateurs.

Attention également au temps de chaque préparation, puisqu’il serait dommage d’organiser une réception et de passer son temps à la cuisine. Aussi, il est pratique d’alterner plats chauds et plats froids, plats en cocotte et plats au four. Il faut varier les types de plats au cours du menu, sauf pour certains dîners à thèmes (soirée crêpes, fondue savoyarde…). Pour ce qui est du dessert, celui-ci est la touche finale du dîner, palliant un manque ou atténuant les excès. Si le dîner est riche, il vaut mieux proposer un sorbet ou une salade de fruits mais si le dîner est léger, on peut proposer un fondant au chocolat.

Dernier élément indispensable au menu: le vin. Il faut bien évidemment harmonieusement marier les mets et les vins, en changeant de vin en même temps que les plats.

Voici quelques règles générales d’œnologie :

– Les vins blancs secs, servis très frais, accompagnent les poissons et les crustacés.
– Les viandes rôties et les volailles apprécient les vins rouges légers (bordeaux, pays de la Loire).
– Les bourgognes capiteux se marient avec les gibiers et les plats relevés.
– Les vins blancs liquoreux accompagnent le foie gras et certains desserts.
– Quant au champagne, il apprécie tous les mets sauf les viandes rouges.
– Le vin rosé enfin est réservé aux déjeuners d’été ou dîners entre intimes.
– Les salades et crudités tolèrent mal le vin en général.
– Il faut servir les vins les plus légers en premier et finir par les plus corsés.


Le service du vin et des boissons en général s’effectue toujours par la droite. Les bouteilles doivent être ouvertes à l’avance pour laisser le vin s’aérer; on peut même le décanter dans une carafe à vin. Si le vin est servi dans une carafe, on laisse visible une bouteille de manière à ce que chaque convive puisse connaître le nom du vin qu’il déguste. Le maître de maison se sert lui-même un fond de verre afin de goûter le vin et vérifier ainsi qu’il n’est pas bouchonné et le service reprend ensuite son cours normal. Contrairement à l’eau, une femme ne se sert jamais de vin toute seule, elle attend que son voisin le fasse. Si le voisin ne la sert pas du tout au cours du repas, l’invitée peut faire une remarque sur son verre vide. C’est aussi le rôle du maître de maison de veiller à ce que les invités ne manquent de rien. A noter qu’un verre doit être toujours plein (aux trois-quarts).

Côté pratique, le service à table doit suivre certaines conventions – sauf si la maîtresse de maison est servie. Chaque mets doit être présenté dans le plat adéquat (creux pour les mets en sauce, allongés pour les poissons ou les rôtis, ronds pour les entrées froides, soupière, raviers, légumier, saucière etc…). Seuls les gratins, réservés aux dîners intimes, peuvent être présentés dans leur plat de cuisson.

La présentation doit être soignée, les rôtis découpés en tranches, les volailles en morceaux; on peut néanmoins avant de la découper, présenter la pièce de viande, s’il s’agit d’un gibier ou d’une volaille. Les fromages que l’on aura choisis nombreux et variés se présentent sur un plateau à fromage que l’on peut décorer de feuilles de vigne ou d’un paillasson en tiges de blé. On découpe à l’avance une part dans les grands fromages entiers afin de ne pas dissuader les amateurs d’y goûter.

Dans le service « à la française », couramment pratiqué, le plat est présenté à la gauche de la personne qui se sert elle-même, contrairement au service « à l’anglaise » où c’est le personnel qui sert les convives. L’ordre du service est celui de la Préséance, c’est-à-dire qu’il suit le plan de table: les femmes d’abord se servent, de la plus respectable jusqu’à la maîtresse de maison ; les hommes ensuite, du plus élevé jusqu’au maître de maison; les enfants quand ils sont présents se servent en dernier. Dans les dîners très intimes et pour les plats familiaux, il est possible de pratiquer le service « plat sur la table », où chacun se sert dans le plat posé au milieu de la table.

Chaque convive doit se servir modérément, ni trop ni trop peu, et se resservir lors du second passage du plat – sauf du potage et du fromage qui ne se re-proposent jamais. Mieux vaut proscrire les « j’ai plus faim », « j’aime pas », ou « ça fait grossir » terriblement vulgaires. En revanche si l’on est obligé pour des raisons de santé de refuser un mets, on le dira discrètement.

Pour les assiettes, il faut les changer entre chaque plat. Seule la salade peut éventuellement être servie dans la même assiette que celle du plat de résistance.

Voici quelques astuces pour déguster certains mets selon l’étiquette :

– Le pain se découpe à la main par petits morceaux qui vont tout entier dans la bouche. Pas question de le déchirer avec ses dents ni d’en faire des boulettes.
– Le foie gras ne s’étale pas comme du pâté sur du pain, il se découpe à la fourchette et rejoint sous le palais un morceau de toast.
– Après les fruits de mer, il est d’usage de mettre des rince-doigts (petites coupelles posées sur des soucoupes à la gauche de chaque convive, et remplies d’eau tiède parfumée au citron). On trempe ses doigts dedans avant de s’essuyer les mains dans sa serviette, et on ne boit pas son contenu en pensant que c’est une infusion !
– Les asperges se dégustent à la fourchette en abandonnant dans l’assiette la partie plus ferme qui ne cède pas au tranchant de la fourchette. Plus familièrement on peut les saisir à la main et les tremper dans la sauce.
– Les œufs et la salade ne se coupent jamais avec un couteau. Autrefois les lames n’étaient pas en acier inoxydable et noircissaient au contact de la vinaigrette et du jaune d’œuf. Rien n’empêche de le faire aujourd’hui direz-vous ? Certes, si ce n’est la preuve de votre bonne éducation.
– Le fromage se coupe à l’aide d’un couteau à fromage et se dépose sur un petit morceau de pain préalablement découpé.
– Les gâteaux se mangent de préférence avec une fourchette, plus raffinée que la cuiller que l’on réserve pour recueillir la sauce s’il y en a.
– Les pommes, poires, pêches et autres fruits à peau fine, s’épluchent et se coupent avec un couteau et une fourchette et ne se croquent à pleines dents qu’au jardin…

En cas de doute sur l’attitude à adopter face à tel ou tel aliment, contentez-vous d’imiter votre hôtesse.

Pour être agréable à ses voisins, il suffit de :

– Se tenir droit sur sa chaise, sans s’avachir ni se balancer.
– Poser les mains sur la table, poignets de part et d’autre de l’assiette et ne pas mettre son coude devant ni derrière son assiette
– Se servir du morceau qui est devant soi et ne pas retourner tout le plat pour choisir son préféré.
– Attendre que la maîtresse de maison ait commencé de manger pour soi-même commencer.
– Ne pas saler avant d’avoir goûté.
– Lever son coude vers la bouche et ne pas se pencher sur son assiette.
– Mâcher la bouche fermée et sans bruit et ne jamais prendre la parole la bouche pleine.
– Ne pas toucher les aliments de ses mains excepté le pain.- S’essuyer la bouche avant de boire et après avoir bu.
– Ne pas boire la bouche pleine.
– Ne jamais porter son couteau à la bouche.
– Ne se resservir que lorsque la maîtresse de maison invite à le faire.
– Demander le sel plutôt que de se coucher sur la table pour l’attraper.
– Ne jamais passer le bras devant son voisin.
– Couper un petit morceau de pain avant de le porter à la bouche, et non croquer dedans, ou le déchirer avec ses dents.
– Ne pas saucer son assiette.
– Ne pas incliner son assiette pour récupérer la dernière goutte.
– Ne pas racler son assiette jusqu’à la dernière miette pour la rendre aussi propre qu’au début du repas.
– Ne pas poser, entre les plats, ses couverts perpendiculairement de part et d’autre de l’assiette, comme des oreilles de cockers.
– Ne pas croiser ses couverts dans son assiette lorsque l’on a fini, mais les ranger parallèlement en travers de l’assiette.
– Vider son verre (de vin) à la fin du dîner.

Le dîner est terminé, les hôtes ont veillé à ce que leurs convives ne manquent de rien, les invités semblent repus et ravis. Tous se joignent en cœur pour complimenter la cuisine du ou de la maîtresse de maison. Mais comment réagir à un compliment après un repas ? Pas la peine de s’étendre sur la recette ou les secrets de fabrication du repas : un simple sourire et des remerciements suffisent amplement pour satisfaire la personne vous ayant complimenté.

Rendez-vous la semaine prochaine pour connaître tous les secrets de l’après-dîner…

Source : Le Bottin Mondain.

Visuels : © Jean Riz