Frédéric Compagnon : « Chez Via Maris, la passion de la mer se décline. »

Via Maris, c’est une histoire de passionnés: passionnés de la mer, passionnés du beau produit, passionnés par la transmission de belles histoires. Chaque magasin Via Maris est une invitation au voyage, un parcours balisé de découvertes où la mer et ses rivages en sont le fil rouge. Entretien avec Frédéric Compagnon, à l’origine de la création de Via Maris.

Qu’est-ce que Via Maris ?

Frédéric Compagnon : Via Maris a été créée par des gens passionnés de la mer en 1999. L’aventure est partie de Quiberon, au tout départ, avec des gens qui étaient plutôt orientés vers la conserverie, avec La Belle Iloise. Ces gens proches et passionnés de la mer étaient à l’origine plutôt axés sur l’alimentation fine et la conserverie. Ils se sont dit qu’ils pouvaient étendre leur champ d’investigation au-delà de l’alimentation fine et développer un concept et une thématique complètement tournée vers la mer en gardant bien entendu toutes les valeurs liées à la mer et typiquement marines : la qualité, l’authenticité, l’universalité, le partage.

(c) Via Maris

Aujourd’hui, quelle est la démarche de Via Maris ?

FC : Aujourd’hui, nous sommes encore dans la même démarche qu’à l’origine. Notre thématique c’est la mer, le bord de mer, sous tous ses axes. On a surtout un positionnement : partager une passion avec nos clients. Une passion qui se décline sous toutes ses formes et vocations, une passion pour la découverte des nouveaux produits et nouvelles cultures. Nous sommes constamment à la recherche de nouveautés produits à faire découvrir à nos clients, toujours dans l’univers marin. Nous avons donc trois axes : une passion pour la mer, une passion pour la découverte de nouveaux produits, une passion pour les produits de qualité, ceux qui sont beaux et ceux qui sont porteurs de sens. Notre ligne de démarcation, c’est la qualité, les belles choses, tout ce qui fait sens. Finalement, nous avons une passion pour le métier. On veut partager tous les trésors que l’on découvre et toutes ces petites nouveautés avec nos clients et publics.

(c) Via Maris

Sur votre site, ViaMaris.fr, vous expliquez qu’à travers vos produits et magasins, vous racontez des histoires de la mer et du rivage. Parlez-nous de cette invitation au voyage?

FC : Cela peut être un voyage émotionnel local. Effectivement, on peut aussi bien sélectionner des produits très locaux que des produits qui viennent du bout du monde. Prenons deux exemples. On va d’un côté sélectionner des produits de la Belle Iloise, de la Pointe de Penmarc’h, de la Maison d’Armorine, des biscuits bellilois de Belle-Ile, vraiment du local. En qualité nous sommes intransigeants et estimons que ce sont les meilleurs. De l’autre, quand on va être sur la partie sel et épices, bien entendu, on va à la fois faire du local, des choses à base de fleur de sel de l’île de Ré pour notre magasin de La Rochelle, des choses issues de Guérande pour le magasin de Nantes, et on va aller chercher des sels et épices un peu plus exotiques, solliciter d’autres partenaires, Quai Sud, ou Saveurs et Sens, qui eux, ont ce savoir-faire de dénicheur de nouveaux produits et de mélanges.

(c) Via Maris

Comment découvrez-vous et choisissez-vous vos produits ?

FC : On a en fait deux axes. On a un travail de « sélectionneur » des meilleurs produits et on a un travail de « développeur » quand il y a des produits que l’on aimerait avoir mais que l’on ne trouve pas. C’est dans ce deuxième axe que nous développons des produits de notre marque enseigne, y compris en alimentation fine. On a fait développer, par une conserverie bretonne, des rillettes de sardines au beurre marin, des rillettes de Saint-Jacques de Bretagne au poivre de Sichuan, des rillettes de maquereau au citron vert… On pousse aussi nos partenaires à aller développer des choses uniquement pour nous. Par exemple, dans notre magasin La Rochelle, les clients avaient envie de voir les produits du coin. Nous avons alors décidé de proposer des caramels au beurre frais du Poitou-Charentes, à la fleur de sel de l’île de Ré. La ligne de démarcation, que ce soit dans le choix des meilleurs produits ou le développement de notre marque-enseigne, c’est vraiment la sélection qualité.

(c) Via Maris

Pensez-vous qu’il est important de mettre en valeur le patrimoine culinaire de chaque région?

FC : Complètement. Je vais vous donner un exemple. Nous avons un partenariat avec le chef Grégory Coutanceau à La Rochelle. On va promouvoir ce chef et ses activités. Il fait des coffrets, propose des cours de cuisine, et tout ça autour de la thématique marine et l’utilisation de produits locaux. Nous ne sommes pas juste des commerçants, nous voulons donner du sens à ce que nous faisons. La passion doit se décliner. Ça peut être une passion pour les produits, mais aussi une passion pour les services.

(c) Via Maris

La passion est-elle donc la ligne directrice de Via Maris ?

FC : Il y a une thématique : la mer. Un positionnement produit : la qualité, la découverte. Une valeur et une personnalité de la marque : partager notre passion avec la clientèle. Nous essayons de faire un vrai travail de transmission au client.

Visuels : © Via Maris

19 Place Hoche
56170 Quiberon
02 97 29 50 05

Passage Pommeraye
44000 NANTES
02 40 08 08 28

8 Bis Rue Chaudrier
17000 LA ROCHELLE
05 46 30 55 66

21 Quai des Voiliers
Port Crouesty
56640 ARZON
02 97 49 45 31

30 rue Levavasseur
35800 DINARD
02 99 16 41 63

Côté Plage : Dinard

Cet été, les Rendez-vous des Arts Culinaires font le tour de France des plus belles plages ! De Deauville à l’île de Ré, du Cap Ferret à Saint-Tropez, nous allons chaque semaine à la découverte d’une ville côtière française ! Chaque étape est l’occasion d’explorer la région, rencontrer les artisans et les grands chefs, déguster les spécialités culinaires et retenir les plus belles adresses… Cette semaine, c’est à Dinard que se posent les valises…

(c) Albane Schrimpf

Les premières traces de civilisation dans la région de Dinard ont été découvertes environ 120 000 avant J.-C. Outils et habitations témoignent alors d’une présence de sociétés commerçantes et métallurgiques. A partir de 52 avant J-C, la région est romanisée mais jouit d’un statut spécial avec une relative autonomie et vit grâce aux échanges commerciaux.

Au VIIIe siècle, l’hégémonie franque s’exerce sur toute l’Armorique. La région est saccagée, les églises et abbayes pillées et incendiées. En 709, survient un tremblement de terre puis un raz-de-marée, qui modifie entièrement la topographie de la région. Dinard, avant au milieu des terres, se retrouve désormais sur la côte.

Le IXe siècle est marqué par les incursions Vikings. La région est divisée selon les principes féodaux et le siège du fief de la Vicomté du Poudouvre, fondé au milieu du XIe siècle, s’installe à Dinard. Un château fort est alors construit. Pendant toute la seconde moitié du XIe siècle, la Vicomté prospère sous la suzeraineté des ducs de Bretagne de la Maison de Rennes puis de Cornouaille. Elle profite de l’essor maritime et du développement du port d’Alet qui fournit des emplois de marins. Au milieu du XIIe siècle, le roi d’Angleterre envahit la région et exerce des représailles contre les insurgés qui s’étaient rebellés contre le gouvernement d’Henri II Plantagenêt.

Le village de Saint-Enogat, aujourd’hui quartier de la ville, rejoint le royaume de France par l’acte d’union de la Bretagne à la France en 1532. Les activités principales des habitants restent l’agriculture du lin, du chanvre et du sarrasin, et la pêche côtière. La Bretagne possède alors la première flotte d’Europe et Saint-Malo est le premier port commercial de France. La pêche hauturière (navigation en haute mer) commence à se développer : la morue, par exemple, est pêchée au large de l’Islande et de Terre Neuve. C’est également au cours du XVIème siècle que la petite noblesse vient construire quelques manoirs sur le littoral.

(c) Albane Schrimpf

Les conflits entre la Bretagne et l’Angleterre rythment le XVIIIème siècle. Dinard n’est alors qu’un petit village de pêcheurs, rattaché à la commune de Saint-Enogat, mais sa cale est un point de passage obligé vers Saint-Malo. Dès l’automne 1789, cette région, terre de foi profonde, s’oppose vigoureusement au nouveau régime et notamment à la constitution civile du clergé : c’est l’époque de la « chouannerie bretonne », guerre civile qui oppose républicains et royalistes dans l’ouest de la France.

A la fin de la Seconde République, Dinard est encore un village à la périphérie de Saint-Enogat. Cependant, ses attraits climatiques et ses paysages côtiers variés favorisent l’émergence du tourisme. La plage, espace naturel peu fréquenté par les populations locales, connaît au milieu du XIXe siècle, une mutation profonde de ses activités. En effet, c’est à cette époque que se développent les premiers bains de mer, suscitant un attrait certain des visiteurs pour la Bretagne. En 1859, le littoral devient espace de divertissement et de loisirs avec le premier établissement de bains à Dinard, celui créé par le maître nageur malouin Edouard Gros. A cette époque-là, des « guides baigneurs » classent et divisent les plages en zones : baignades pour hommes ou femmes, zones de jeux, loisirs mondains …

(c) Albane Schrimpf

A la fin du XIXème siècle, la ville de Dinard cède aux développements urbains des littoraux français. La station balnéaire devient un espace construit et hiérarchisé, les chemins étroits disparaissent au profit de voies publiques alignées, et des constructions de modèle Haussmannien apparaissent, attirant la haute bourgeoisie parisienne : villas, Grand Hôtel, casinos, établissement de bains, équipements touristiques, habitations, champs de courses, commerces, gare, tennis…

En 1873, le Comte Rochaïd Dahdah, riche libanais, décide de mettre sa fortune au service de l’aménagement de Dinard. Il organise la voirie et fait ouvrir un ensemble de rues qui forment aujourd’hui le quartier commerçant de Dinard. Il construit des villas, améliore le service de bateau entre Dinard et Saint-Malo, installe une halle dans le quartier de la Vallée et est à l’origine de la première gare de Dinard. Dinard devient le rendez-vous incontournable de la haute société nationale et internationale et est alors considérée comme « La Première Station Balnéaire de France ».

(c) DR

Autre personnalité importante dans le rayonnement de la ville de Dinard, l’éditeur Albert Lacroix. Il veut favoriser le groupement des artistes, écrivains et intellectuels de l’époque, et décide de construire un lotissement sur les falaises qui surplombent la plage de Saint-Enogat, «Villas de la mer» propices à la créativité et la méditation. Jules Michelet, Ernest Renan, Claude Debussy, Jules Verne, Lawrence d’Arabie, Winston Churchill, Félix Faure, Judith Gautier, Isoroku Yamamoto et plus tard Tsuguharu Foujita et Pablo Picasso s’y plaisent .

Grâce à l’essor de la ville et des équipements touristiques, Dinard devient une destination de vacances incontournable et la première véritable station balnéaire de France. Ses charmes sont vantés sur les affiches, dans la presse, dans les guides touristiques, dans les salons mondains : « Dinard la Belle, la douce, la reine des plages, la Monaco des étrangers, la perle de la côte d’Émeraude, la Nice du Nord, la plage la plus aristocratique de France… ».

(c) DR

Grâce à l’afflux de nombreux touristes aisés, Dinard, à la fin du XIXème siècle, est l’une des villes les plus modernes de France et les mieux équipées : eau courante dès 1888, ouverture d’un hôpital en 1891, premières lignes téléphoniques en 1898, électricité en 1902.

Pendant la première Guerre Mondiale, les hôtels de Dinard remplissent la fonction d’hôpital complémentaire des armées. Le faste d’avant-guerre reprend à la fin du conflit. Le site, préservé des bombardements, retrouve sa splendeur et attire de plus en plus d’estivants qui viennent pour la belle saison. Digues, promenades et piscines ouvertes sur la plage sont construites dans les années 1920. La crise de 1929 marque un coup d’arrêt aux années d’euphorie. La Seconde Guerre Mondiale et les années d’austérité qui s’ensuivent confirment le déclin de la station balnéaire malgré l’instauration des congés payés du Front Populaire et la démocratisation des loisirs.

C’est seulement dans les années 1960 que Dinard relance véritablement ses activités touristiques. La ville s’affirme par ses caractéristiques urbaines et ses infrastructures afin de palier aux difficultés d’une économie saisonnière.

(c) Albane Schrimpf

De son apogée, Dinard conserve aujourd’hui un patrimoine balnéaire exceptionnel constitué de plages magnifiques, de promenades côtières, de jardins, d’édifices parfois fantaisistes et souvent majestueux qui jalonnent le littoral. Labellisée Ville d’Art et d’Histoire, Dinard privilégie le tourisme et s’appuie sur son histoire et son patrimoine pour renforcer son attractivité.

En termes de gastronomie, la Bretagne peut être fière d’un véritable terroir et d’un patrimoine culinaire régional. Le Breton a le sens de l’hospitalité. Autrefois, il était considéré comme un signe de goujaterie de ne pas offrir du pain et du beurre – salé, évidemment – à ses invités.

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La Bretagne est une région légumière par excellence, ses légumes sont donc d’un goût incomparable : artichauts, choux-fleurs, pommes de terre de l’île de Batz, oignons de Roscoff, coco de Paimpol ou châtaigne de Redon. Les pommes des vergers et les succulentes fraises de Plougastel viennent compléter le tableau de produits frais. Le miel breton est également très apprécié, utilisé dans la fabrication de gelée ou de chouchen.

Viande de base en Bretagne (autrefois dans les campagnes un cochon était tué une fois par mois), le porc sert à la fabrication de différentes spécialités comme l’andouille de Guéméné ou la saucisse aux algues. Du côté de Guérande, la fleur de sel et la salicorne sont cultivées par les paludiers dans les marais.

Dinard « la Belle » réserve bien des surprises et des découvertes, visuelles et gustatives, au visiteur qui sait s’y attarder …

Visuels : © Albane Schrimpf.
Source : Office de Tourisme de Dinard; Mairie de Dinard; Bretagne.com.